Affaire Véronique DUCHESNE : seize ans pour que le meurtre soit jugé

Plage de la comtesse

Le samedi 9 octobre 2010, le corps de Véronique DUCHESNE est retrouvé dans les eaux de la pointe de Minard, à Plouézec, dans les Côtes-d’Armor. Trois jours plus tôt, cette femme de 47 ans avait disparu à Saint-Quay-Portrieux. D’abord envisagée, l’hypothèse du suicide est progressivement remise en question par les constatations médico-légales, qui orientent les enquêteurs vers une mort provoquée par une asphyxie mécanique.
Seize ans après les faits, Thierry MEUNIER, son mari, comparaît devant la cour d’assises des Côtes-d’Armor, du 21 septembre au 9 octobre 2026, accusé du meurtre de son épouse. Au fil de l’enquête, les investigations ont mis en lumière les difficultés financières du couple, les tensions au sein de leur relation et les déclarations successives de MEUNIER sur les circonstances de la disparition. Son parcours personnel, les témoignages de ses anciennes compagnes et les expertises réalisées au cours de l’instruction éclairent également le contexte dans lequel s’inscrit cette affaire.
Entre-temps, le regard de la société sur les violences faites aux femmes a profondément évolué. Le mouvement #MeToo, la médiatisation des féminicides et une attention accrue portée à la parole des victimes ont contribué à transformer le débat public. L’affaire DUCHESNE est ainsi examinée à la lumière d’une époque qui ne considère plus tout à fait de la même manière les violences conjugales, les témoignages des femmes et les mécanismes d’emprise.

Le parcours de Thierry MEUNIER avant sa rencontre avec Véronique DUCHESNE

Thierry MEUNIER naît le 10 décembre 1962 à Saint-Junien (Haute-Vienne). Il évoque une enfance « simple », sous l’autorité d’un père gendarme à l’éducation stricte, qui exerçait une emprise sur sa mère. Celle-ci était, selon son récit, écartée des décisions et de la gestion financière de la famille. Il avait un frère aîné, décédé en 2012, avec lequel il s’entendait bien, et une sœur avec laquelle les relations étaient marquées par la jalousie, selon ses propres déclarations.

Titulaire d’un baccalauréat économique et social, il devient moniteur de tennis, notamment au Club Med, puis agent d’assurance à Bellac entre 1985 et 1992. Il travaille alors aux côtés de sa première compagne, secrétaire dans la même agence.

Les deux se marient le 24 août 1985. Leur fils naît en 1992. Le couple se sépare en 1993 et divorce en 1999.

La mère de son fils décrit rétrospectivement une relation dont elle dit avoir mis vingt ans à se remettre grâce à une psychothérapie. Elle qualifie MEUNIER de « pervers manipulateur » et rapporte avoir reçu, des années plus tard, une lettre de dix pages dans laquelle il lui adressait de nombreux reproches. MEUNIER indique n’avoir plus aucun contact avec elle ni avec leur fils depuis 2012, précisant que celui-ci ne supportait pas sa nouvelle compagne.

Après cette séparation, MEUNIER entretient d’autres relations. Une ancienne compagne, avec laquelle il aurait vécu environ un an en 1996, explique avoir mis fin à leur histoire en raison de mensonges et d’escroqueries. Elle rapporte qu’il s’était installé chez elle sans prévenir alors qu’il était encore engagé dans une autre relation, puis qu’il était intervenu de manière malveillante auprès d’un acheteur alors qu’elle vendait un bien immobilier après leur rupture.

Une autre ancienne compagne, qui partage sa vie entre 2000 et 2003, décrit également une relation marquée par des difficultés financières et des pressions. Au début de l’année 2001, elle doit faire face à une saisie de ses biens en raison d’impayés de loyer. Elle héberge MEUNIER après la faillite de son agence immobilière. Selon son témoignage, il la convainc ensuite d’acheter à crédit une BMW 325 et de contracter des emprunts importants pour acquérir une maison à Marigny-Brizay, inscrite à son seul nom. Des artisans restent impayés et elle doit revendre le bien en 2003.

Elle affirme qu’il tente ensuite de l’entraîner dans une nouvelle acquisition immobilière, en effectuant certaines démarches bancaires à son nom alors qu’il est lui-même interdit bancaire. Lorsqu’elle est en arrêt maladie, en février 2003, elle constate qu’il ne fait rien de ses journées. Elle rapporte également des tentatives pour la faire licencier, des procédures et du harcèlement sur son lieu de travail. Elle le décrit finalement comme un escroc et un mythomane vivant aux dépens des femmes.

Ces anciennes compagnes décrivent des formes de domination psychologique et financière. La mère de son fils ne rapporte pas de violences physiques, mais insiste sur le caractère destructeur des paroles et sur les difficultés qu’elle a rencontrées après leur séparation, notamment concernant le versement de la pension alimentaire.

La rencontre avec Véronique DUCHESNE et les années de vie commune

Thierry MEUNIER rencontre Véronique DUCHESNE le 4 juillet 2003. Après une brève séparation à la fin de cette même année, ils se marient le 29 octobre 2005.
Entre 2005 et 2008, le couple investit dans l’immobilier, notamment à Châtellerault, Lacanau et Poitiers, et développe plusieurs activités commerciales. Ils détiennent des sociétés liées à l’immobilier, à la finance et à l’animation, et ouvrent notamment des bars.
Cette période de développement masque des difficultés économiques croissantes. Hormis une plus-value de 200 000 euros réalisée à Poitiers en 2008, les remboursements des emprunts cessent rapidement. En octobre 2010, les sommes dues par le couple atteignent 760 696,58 euros. Après le décès de Véronique et la mise en œuvre de certaines assurances, le montant restant à la charge du foyer est estimé à 521 957,07 euros.
Les témoignages de proches, d’anciens salariés et de relations professionnelles à Poitiers décrivent MEUNIER comme le véritable dirigeant des structures et le gestionnaire des biens. Véronique DUCHESNE aurait, selon plusieurs témoins, occupé une position de représentante officielle, voire de prête-nom, assumant les responsabilités formelles tandis que son époux prenait les décisions.
Derrière une apparence de réussite et un train de vie important, les entreprises accumulent les dettes, les impayés de salaires et les factures fournisseurs. Certains salariés finissent par abandonner leur poste faute d’être payés. Des témoins évoquent également des opérations immobilières trompeuses.
Sur le plan personnel, plusieurs personnes décrivent MEUNIER comme hautain, manipulateur et tyrannique dans ses propos. Véronique DUCHESNE, pourtant présentée comme une femme ayant du caractère, leur semble progressivement effacée face à lui.
Des proches décrivent alors une femme totalement soumise, incapable de réagir. D’autres rapportent une scène au cours de laquelle il aurait humilié publiquement sa fille dans un bar familial, la qualifiant de « bonne à rien » et affirmant qu’elle « ne ressemblait à rien ». Un autre épisode fait état d’une tentative d’étranglement de Véronique après un désaccord.
Malgré ce climat, les proches ne soupçonnent pas tous MEUNIER de pouvoir exercer des violences physiques sur son épouse. Son frère, Olivier DUCHESNE, le décrit comme n’étant « pas violent pour deux sous » et se dit incapable de l’imaginer s’en prendre physiquement à sa sœur.
Le changement de comportement de Véronique est également relevé par son entourage. Ses proches évoquent des fragilités anciennes, une consommation quotidienne d’alcool et des antécédents dépressifs. Ils la décrivent comme cyclothymique et fragile, mais estiment qu’elle s’est progressivement soumise à l’influence de MEUNIER, jusqu’à perdre une partie de ses repères.
Le couple part au Maroc en 2009, avant de revenir à Saint-Quay-Portrieux quelques mois plus tard. Les difficultés financières et les tensions personnelles demeurent.
La veille de la disparition, le 5 octobre 2010, le frère de Véronique et son épouse dînent chez le couple. Véronique pleure au cours du repas. Elle évoque son projet de créer une entreprise de home staging, indépendante de son mari, et annonce qu’elle ira le lendemain à la plage de la Comtesse. Au cours de la soirée, MEUNIER lui lance : « Toi, ta gueule, ta gueule, ta gueule ! »

Mercredi 6 octobre 2010 : la disparition

Le mercredi 6 octobre 2010, Véronique DUCHESNE disparaît à Saint-Quay-Portrieux, dans les Côtes-d’Armor.
En fin de matinée, juste avant midi, un commerçant de la maison de la presse la voit passer devant son établissement en direction du bar Le Kreisker.
Vers 14 h 20, un restaurateur l’aperçoit à proximité du parking du casino, non loin du domicile du couple. Il la trouve fatiguée et rapporte qu’elle se décrit comme « asséchée ». Il ne remarque aucune trace visible de coups. Véronique lui explique qu’elle va acheter des cigarettes sur le port, le bureau de tabac situé à proximité étant fermé. Elle ajoute que prendre l’air et marcher lui font du bien, puis part en direction du sentier côtier.
MEUNIER aurait été aperçu sortant du domicile à peu près au même moment. Le lendemain, il confirme avoir vu Véronique parler avec le restaurateur.
Plus tard, MEUNIER affirme que son épouse a quitté la maison vers 14 heures ou 14 h 15 pour acheter des cigarettes, alors que des acheteurs visitaient le domicile. Il explique avoir attendu son retour, puis avoir tenté de la joindre.
À 15 h 07 puis à 15 h 10, il compose un mauvais numéro. Il appelle ensuite le bon numéro à 16 h 20, puis à 17 h 43. Les données téléphoniques situent son téléphone sur le secteur de l’antenne-relais du sémaphore lors des deux premiers appels. Cette antenne couvre notamment les abords de la plage de la Comtesse.

loulou c’est moi, ben écoute il est 16h15, je m’inquiète un peu tu devais être là vers 14h45, on devait aller à PLERIN, bon la visite s’est passée à la maison euh j’ai été faire deux ou trois course mais euh ben écoute tiens nous au courant si tu as la possibilité bisous à tout à l’heure

Le corps de Véronique DUCHESNE est découvert trois jours plus tard, le samedi 9 octobre 2010, flottant à la pointe de Minard, à Plouézec.

Les 6, 7 et 8 octobre : les premières démarches de MEUNIER

Le mercredi 6 octobre 2010, vers 18 heures, Thierry MEUNIER se présente dans un restaurant pour signaler que Véronique n’est pas rentrée. Il revient le lendemain, vers 9 h 15, et demande de nouveau si elle a été vue.

Il affirme être inquiet et ne pas avoir fermé l’œil de la nuit. Il évoque les tensions entre Véronique et sa mère, ainsi que le départ du foyer familial de l’une de ses filles, intervenu à la même période. Son attitude suscite toutefois des interrogations. Le restaurateur ne le trouve pas particulièrement paniqué. MEUNIER va jusqu’à plaisanter sur la possibilité que Véronique ait pu « se prendre une cuite pour évacuer ». Les difficultés financières du couple sont connues dans leur entourage. Il est également rapporté qu’il disait être séparé de sa femme. Un témoin résume l’impression qu’il lui laisse par ces mots : « pas très clair ».

Le jeudi 7 octobre, MEUNIER se présente également auprès d’un commerçant de la maison de la presse pour lui demander s’il a vu Véronique. Selon ce commerçant, il pleure et paraît abattu. Celui-ci avait aperçu Véronique la veille au matin, en direction du bar Le Kreisker.

Le même jour, MEUNIER se rend à la police municipale, qui l’oriente vers la gendarmerie, où il signale officiellement la disparition de son épouse. Les militaires le décrivent comme très calme, « un peu perdu », et doivent lui poser des questions précises pour obtenir certains détails. Il explique avoir convenu avec des membres de sa belle-famille d’attendre cette date pour signaler la disparition. Il décrit sa relation avec Véronique comme « idyllique » et, selon la chronologie publiée par Le Télégramme, affirme être convaincu qu’elle s’est suicidée.

Au cours de la journée, il appelle à plusieurs reprises le téléphone portable de Véronique. Six appels sont recensés entre 10 h 25 et 23 h 15. Les observations des militaires divergent toutefois dans leur appréciation de son inquiétude : l’un le décrit comme calme et un peu perdu, tandis qu’un autre estime que son inquiétude paraît cohérente avec sa démarche. La visite du domicile ne révèle rien de particulier.

Le vendredi 8 octobre, à 8 h 40, MEUNIER indique aux gendarmes que son épouse est partie avec un livre et une boîte de somnifères. Le même jour, une promeneuse remet aux enquêteurs un châle beige mouillé retrouvé sur la plage de la Comtesse. Un pêcheur à pied découvre également un sac à main à la pointe de Minard. À l’intérieur se trouvent les permis de conduire de Véronique et de MEUNIER, des plaquettes de médicaments et le livret de famille de Véronique.

Le samedi 9 octobre, vers 15 heures, deux pêcheurs découvrent le corps de Véronique, flottant face contre l’eau entre la pointe de Minard et Pors Pin, sur la commune de Plouézec, à une quinzaine de kilomètres de la plage de la Comtesse. Entièrement vêtue, elle présente des blessures et des ecchymoses au visage, ainsi que des hématomes à l’avant-bras droit, à la main droite et aux jambes.

La découverte du corps ne met pas fin aux interrogations de la famille. Patricia DUCHESNE rapporte notamment que MEUNIER a refusé d’identifier son épouse. C’est son frère, Olivier DUCHESNE, qui s’en est chargé. Un épisode qui, pour Patricia, reste incompréhensible : « Quel mari fait ça ? »

Les premières constatations médico-légales

L’autopsie réalisée le 12 octobre 2010 met en évidence un traumatisme facial et crânien, ainsi que des lésions et des hématomes récents sur les membres et le tronc. Les médecins légistes constatent également une mobilité anormale du cartilage thyroïde.
Ils relèvent l’absence de spume dans les bronches et d’eau dans l’estomac, sans pouvoir attester d’une submersion vitale. À la suite de ces constatations, une information judiciaire est ouverte contre X pour homicide volontaire.
L’analyse anatomopathologique du 29 novembre 2010 corrobore un processus mécanique affectant la sphère ORL et envisage un décès réflexe par stimulation des corpuscules carotidiens.
Un second rapport médico-légal, daté du 8 janvier 2011, conclut que le décès est dû à une asphyxie mécanique par pression exercée sur le cou.
Les examens du contenu gastrique mettent en évidence des aliments non digérés. Cet élément est pris en compte dans la reconstitution de la chronologie du décès, alors estimé postérieur à 14 h 23, heure à laquelle Véronique aurait acheté des cigarettes.
Sur le plan toxicologique, les analyses mettent en évidence une alcoolémie de 0,38 g/L ainsi que la présence de zolpidem et de bromazépam à des concentrations supérieures aux valeurs thérapeutiques, mais non létales. Les analyses de cheveux confirment un usage régulier de ces substances au cours du mois précédant le décès, avec un phénomène d’accoutumance.
Les expertises génétiques et micro-analytiques réalisées sur les vêtements révèlent par ailleurs la présence de fibres étrangères et d’une empreinte papillaire masculine, partiellement caractérisée, sur le pantalon de la victime. Cette empreinte ne correspond ni à Thierry MEUNIER ni aux personnes intervenues lors de la découverte du corps.

Octobre et novembre 2010 : l’hypothèse du suicide et les démarches financières

Le 18 octobre 2010, Thierry MEUNIER annonce à un ami que Véronique DUCHESNE s’est suicidée. Il lui explique qu’elle avait « beaucoup souffert avec sa famille », que ses filles « lui pourrissaient la vie » et qu’elle passait un jour sur deux à pleurer. Il ajoute qu’il n’a obtenu aucun résultat de l’enquête.

Son interlocuteur lui répond : « connaissant Véro, t’aurais jamais soupçonné cela d’elle ».

Les témoignages recueillis au cours de l’enquête font état de tensions dans le couple, notamment autour de l’argent et du comportement de MEUNIER envers Véronique. Des proches rapportent qu’il cherchait à orienter les explications autour de la disparition vers un départ volontaire ou un suicide. Il rappelait les fragilités de Véronique, ses problèmes d’alcool et ses épisodes dépressifs. Lorsque des membres de la famille lui suggéraient de contacter les gendarmes, il aurait invoqué la honte et répondu : « Si tous les cocus ou les couples qui s’engueulent appellent les gendarmeries ! »
Le 3 novembre 2010, MEUNIER prend contact avec une gestionnaire de contentieux bancaire. Il indique envisager la vente d’un bien immobilier professionnel afin de rembourser une partie des dettes. Il s’informe également sur les assurances associées aux prêts immobiliers souscrits à parts égales par les deux conjoints.
Il lui est précisé que le suicide ne ferait pas obstacle à la prise en charge des prêts lorsque les contrats ont plus de deux ans, à l’exception d’un prêt relais déjà arrivé à échéance.
Pour obtenir la mise en œuvre de certaines garanties décès, MEUNIER remplit ensuite un questionnaire confidentiel portant sur les circonstances de la mort de son épouse. Il indique « noyade » comme cause du décès.
Un professionnel rapporte également qu’après la mort de Véronique, MEUNIER s’est rapidement renseigné sur la valeur des biens et sur les parts susceptibles de revenir aux filles de la défunte. Le témoin relève un contraste entre cet intérêt financier et le désespoir qu’il affichait. Un témoignage recueilli plus tard en détention le décrit comme davantage préoccupé par ses affaires financières et ses alibis que par la mort de son épouse.
Le 20 novembre, MEUNIER affirme à un ami que Véronique ne s’est suicidée ni n’est morte accidentellement. Dix jours plus tard, il appelle une autre connaissance en pleurs et lui dit disposer de nombreux éléments prouvant, selon lui, qu’elle a mis fin à ses jours.

Les investigations et les déclarations de MEUNIER

Les investigations se poursuivent dans les semaines qui suivent la découverte du corps. Les enquêteurs cherchent notamment à vérifier les déclarations de MEUNIER et à les confronter aux données téléphoniques ainsi qu’aux témoignages recueillis. Le 16 janvier 2011, il est placé en garde à vue.
Au cours de ses auditions, MEUNIER maintient une version précise de son emploi du temps du 6 octobre 2010. Il affirme avoir attendu le retour de son épouse, passé des appels sans succès, puis être sorti faire des courses et acheter de l’essence.
Il justifie le fait de ne pas avoir prévenu les gendarmes dès le soir de la disparition par la crainte que ses difficultés professionnelles ne lui attirent des ennuis, évoquant ses « casseroles », et par le sentiment qu’il était trop tôt pour s’alarmer.
Confronté aux données téléphoniques et aux témoignages recueillis, il reconnaît s’être rendu sur le parking de la plage de la Comtesse vers 15 h 07 et 15 h 10. Il évoque alors « un flou » d’environ trois quarts d’heure dans son emploi du temps.
Les perquisitions à son domicile permettent de saisir des articles de presse consacrés à l’affaire, un courrier adressé au Crédit Mutuel concernant l’activation des assurances décès, ainsi que le texte du discours qu’il a prononcé lors des obsèques.
Les auditions menées après la garde à vue font apparaître un décalage entre ses déclarations et la perception de certains témoins. Plusieurs décrivent un comportement désinvolte ou provocateur dans les semaines suivant le décès. Certains rapportent qu’il se vantait de sa résistance pendant les auditions.

Les accusations de l’entourage prennent ensuite une dimension judiciaire. En octobre 2012, les parties civiles formalisent leurs interrogations sur les circonstances du décès. Elles dénoncent notamment ce qu’elles considèrent comme la préparation d’un scénario de suicide dès les premières heures de l’enquête, les violences physiques et verbales que MEUNIER aurait exercées dans le cercle familial et la présence de substances médicamenteuses dans l’organisme de Véronique.

La vie de MEUNIER après le décès

Après la mort de Véronique DUCHESNE, MEUNIER part au Maroc avec une nouvelle compagne, prénommée elle aussi Véronique, rencontrée le 4 décembre 2010. Le couple s’installe ensuite au Sénégal en 2014, où il développe des activités dans l’hôtellerie et la restauration. MEUNIER reconnaît avoir financé ces acquisitions avec l’héritage de sa compagne.
Selon son ancienne compagne, leur relation se dégrade à mesure que MEUNIER prend le contrôle de leurs finances. Elle explique qu’ils se sont installés ensemble à la fin de l’année 2010, alors qu’ils connaissaient tous deux une période de fragilité et des problèmes d’alcool. Elle situe un changement dans son comportement à partir du moment où il a commencé à gérer leur argent.
Elle affirme qu’il l’a incitée à liquider son régime matrimonial et à vendre la maison héritée de sa mère pour réinvestir au Sénégal. Selon elle, il s’est ensuite approprié les parts et les statuts des sociétés et imposait ses décisions.
Dans des messages, elle rapporte qu’il l’insultait, la menaçait verbalement, l’espionnait et lui avait extorqué une partie de l’héritage de ses parents. Elle évoque également des violences physiques, notamment des tentatives d’étranglement lorsqu’il se trouvait en difficulté financière. Elle affirme qu’il consultait quotidiennement les avis d’obsèques en espérant hériter de sa propre mère, répétant qu’il allait « toucher un héritage ».
Des témoignages, notamment celui de son ex-conjoint, viennent corroborer certains des faits rapportés. Il est également fait état du port, dès janvier 2011, de bijoux ayant appartenu à Véronique DUCHESNE.
Le couple se sépare en 2018 ou 2019. MEUNIER rencontre ensuite une nouvelle compagne en 2020.
Il retourne vivre chez ses parents à Bellac en 2020 pour s’occuper d’eux, puis repart au Sénégal en octobre 2021. Son père décède le 24 décembre 2021 sans qu’il revienne assister à ses obsèques.
En 2021, MEUNIER entreprend également des démarches pour percevoir la pension de réversion liée au décès de Véronique DUCHESNE, d’un montant de 61 euros par mois.
Son ancienne compagne est rapatriée en France en mars 2024. Décrite par les services consulaires et les enquêteurs comme étant en détresse, isolée et sous influence, elle témoigne des pressions qu’elle dit avoir subies durant leur vie commune.

Les procédures judiciaires et l’interpellation

Le casier judiciaire de Thierry MEUNIER comporte quatre mentions, dont trois réhabilitées de plein droit. Il a notamment été condamné pour abandon de famille les 24 janvier 2002 et 10 octobre 2013. Il a également été condamné le 25 août 2011 pour abus de confiance, dans une affaire concernant l’agence immobilière JLG, à Saint-Quay-Portrieux.
Une ordonnance pénale du 11 octobre 2023 le condamne également pour déclaration fausse ou incomplète en vue d’obtenir indûment le revenu de solidarité active (RSA), à son retour en France.
Un mandat d’arrêt est délivré à son encontre le 25 octobre 2022. Localisé puis interpellé au Sénégal le 24 novembre 2022, il est incarcéré avant d’être extradé vers la France le 20 décembre 2023.
Présenté au tribunal judiciaire de Saint-Brieuc le 22 décembre 2023, MEUNIER déclare spontanément ne s’être jamais soustrait à la justice. Il invoque les conditions de son incarcération à Dakar pour expliquer son refus de répondre immédiatement aux questions portant sur le fond du dossier. Il est mis en examen pour meurtre sur conjoint, pour des faits qui auraient été commis à Saint-Quay-Portrieux entre le 6 et le 9 octobre 2010.

Les expertises et la détention

Les expertises psychiatriques et psychologiques réalisées en 2024 écartent toute abolition ou altération du discernement de MEUNIER au moment des faits. Elles décrivent une personnalité antisociale, narcissique et psychopathique.
Les experts évoquent une intelligence sociale mise au service de la manipulation, un discours prolixe susceptible de noyer son interlocuteur et une dangerosité criminologique importante, associée à une intolérance à la frustration, à un attrait pour l’argent facile et à un besoin de paraître.
Les expertises décrivent également des relations amoureuses dans lesquelles les femmes seraient perçues comme des objets interchangeables et décevants, désignés notamment par les expressions « Véronique 1 » et « Véronique 2 ». Selon leur analyse, la menace d’une rupture ou une angoisse financière pourrait déclencher chez lui une réaction violente visant à préserver son narcissisme.
Placé en détention provisoire le 22 décembre 2023, MEUNIER fait l’objet de plusieurs sanctions disciplinaires après la découverte de médicaments, de désinfectant et d’un téléphone portable dans sa cellule. Il entame une grève de la faim du 4 avril au 18 septembre 2024 pour dénoncer la gestion de l’instruction et son maintien en détention. En août 2024, il dépose une plainte pour des menaces et des violences qu’il affirme avoir subies de la part de codétenus.

Avant l’ouverture des débats : la mobilisation des proches et la reprise de l’instruction

Face aux changements successifs de juges d’instruction et à la crainte de voir l’enquête s’enliser, les filles de Véronique DUCHESNE ont multiplié les démarches pour que la mort de leur mère ne tombe pas dans l’oubli. Faustine, la fille aînée, explique avoir choisi de médiatiser l’affaire en participant à des documentaires télévisés, afin de maintenir l’attention sur le dossier et d’inciter la justice à poursuivre ses investigations.

En 2024, selon Patricia DUCHESNE, la famille a retrouvé confiance dans l’institution judiciaire lorsque la juge d’instruction Stéphanie Breton a repris les quelque 10 000 cotes du dossier et estimé les charges suffisantes pour renvoyer MEUNIER devant la cour d’assises. Pour les proches de Véronique DUCHESNE, cette décision a marqué une étape importante après plusieurs années d’attente et de démarches.

Au cours de l’instruction, MEUNIER ne s’est pas constitué partie civile et n’a demandé aucun acte pour tenter d’identifier l’auteur de la mort de son épouse.

Le procès devant la cour d’assises des Côtes-d’Armor

Palais de Justice de St Brieuc

Seize ans après les faits, Thierry MEUNIER comparaît devant la cour d’assises des Côtes-d’Armor, accusé du meurtre de son épouse. Les débats sont présidés par Laurence DELHAYE, avec l’avocat général Alex DÉHAYS représentant le ministère public. MEUNIER est défendu par Mes Alba HORVAT et Gautier ROBERT-AUPETIT, tandis que les intérêts des parties civiles sont représentés par Me Jean-Guillaume LE MINTIER. Plusieurs temps forts ponctuent les audiences, dont un déplacement sur les lieux de la disparition.
À l’ouverture des débats, Thierry MEUNIER apparaît amaigri, les cheveux gris. Il porte un jean délavé et une chemise. Tout au long des audiences, il écrit sans cesse dans un carnet et transmet régulièrement ses notes à ses deux avocats. Lorsqu’il évoque son épouse, il l’appelle invariablement « Véro ».
Le 24 septembre 2026, la cour se déplace sur la plage de la Comtesse, à Saint-Quay-Portrieux, où Véronique DUCHESNE avait été vue pour la dernière fois le 6 octobre 2010. Demandée par l’avocat des parties civiles, cette visite a pour objectif de permettre aux jurés de mieux situer les lieux évoqués au cours des débats et de mieux comprendre le contexte de la disparition.
Le 28 septembre 2026, la sœur aînée de MEUNIER témoigne devant la cour d’assises. Elle décrit un homme qui, selon elle, n’a jamais remis en question son comportement et rendait systématiquement ses compagnes responsables de ses difficultés. « Son mode de vie n’entre pas dans nos valeurs. C’est un manipulateur et un menteur. Il nous fait souffrir depuis quarante ans », déclare-t-elle.
Elle explique avoir coupé les ponts avec lui bien avant la mort de Véronique DUCHESNE et avoir refusé d’assister à leur mariage. Elle revient sur les difficultés financières qui, selon elle, ont durablement affecté la famille, ainsi que sur les avances sur héritage que leurs parents auraient consenties à MEUNIER.
Elle évoque également son retour au domicile parental en 2020, alors que leur père est atteint de la maladie d’Alzheimer. Inquiète pour la protection du patrimoine familial, elle demande qu’une mesure de protection judiciaire soit envisagée.
Selon son témoignage, MEUNIER réagit par des menaces à l’égard de l’épouse de son frère, lui promettant de l’« écraser comme une merde ». La sœur évoque également les relations conflictuelles avec leur mère. Après plusieurs mois de silence, MEUNIER lui aurait adressé un message vocal particulièrement dur au sujet de son argent : « Ton argent, tu n’auras qu’à l’emporter au cimetière et on mettra un distributeur de billets sur ta tombe.

1er octobre 2026 : les conclusions des psychiatres

Le 1er octobre 2026, deux psychiatres qui ont examiné MEUNIER à la demande de la juge d’instruction viennent présenter leurs conclusions devant la cour d’assises. Ils confirment l’absence de pathologie psychiatrique et reviennent sur les traits de personnalité antisociale et psychopathique relevés lors de leurs expertises.
Ils expliquent notamment comment la perte de maîtrise d’une situation peut être vécue par MEUNIER comme une blessure narcissique et provoquer une réaction impulsive, potentiellement agressive. Ils distinguent une dangerosité importante sur le plan criminologique d’une dangerosité psychiatrique, qu’ils ne retiennent pas.
Les deux médecins disent également avoir été frappés par la distance émotionnelle de MEUNIER lorsqu’il évoque la mort de son épouse. Interrogé sur la possibilité qu’il ait commis l’homicide, l’un des psychiatres estime que cette hypothèse est possible, tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’une conclusion sur les faits. »
L’idée est de ne pas supprimer les conclusions des expertises dans la partie consacrée à l’instruction, car elles sont importantes pour comprendre le dossier. Au procès, tu racontes ce que les experts en disent oralement, les nuances qu’ils apportent et les questions auxquelles ils répondent devant les jurés.

2 octobre 2026 : l’interrogatoire de personnalité

Le 2 octobre 2026, lors de son interrogatoire de personnalité devant la cour d’assises, MEUNIER revient sur son enfance, ses débuts professionnels et les échecs qui ont jalonné son parcours. Il décrit une enfance matériellement confortable, mais marquée selon lui par un manque d’affection et des non-dits familiaux.
Il reconnaît volontiers son attrait pour l’argent et le plaisir de le dépenser. Interrogé sur les conclusions des experts, il admet présenter des traits narcissiques, mais conteste les autres aspects du portrait psychologique dressé à son sujet.
Il se présente comme un homme en quête de plaisir, qui aime entreprendre, faire des choses et se montrer généreux. Il explique avoir toujours « 1 000 idées en tête », fonctionner « à plein régime » et considère que les échecs sont inévitables lorsqu’on multiplie les projets. Il affirme toutefois toujours parvenir à se relever.
Interrogé par l’avocat général sur sa tendance à rejeter sur les autres la responsabilité de ses échecs, MEUNIER reconnaît que cette attitude peut faire partie de son caractère.
Il reconnaît également avoir passé sa vie à « gérer la crise », tout en continuant à contester certaines accusations formulées par ses proches. La défense insiste toutefois sur la distinction entre ce passé et l’accusation de meurtre pour laquelle il comparaît.

5 octobre 2026 : les années poitevines du couple

Le 5 octobre 2026, lors des débats consacrés aux années poitevines du couple, la présidente reprend les témoignages d’anciens collaborateurs et de proches de MEUNIER et de Véronique DUCHESNE.
Les débats reviennent sur les investissements immobiliers, les bars ouverts par le couple, les dettes accumulées et les difficultés rencontrées par les salariés. Les témoignages décrivent également la dégradation de la situation de Véronique DUCHESNE et les pressions que MEUNIER aurait exercées sur elle et sur sa fille aînée, Faustine.
Un agent immobilier de Saint-Quay-Portrieux témoigne enfin avoir été recontacté par MEUNIER, quelques semaines après la mort de son épouse, pour lui confier un mandat de vente. Il décrit une démarche qui lui donne l’impression que l’accusé agit comme si le décès de sa femme n’avait pas bouleversé sa vie.

6 octobre 2026 : la lettre écrite en détention et le témoignage d’une ancienne compagne

Le 6 octobre 2026, la présidente revient sur une lettre rédigée par MEUNIER le 4 juillet 2025 depuis la maison d’arrêt de Saint-Brieuc, dans laquelle il annonce son intention de mettre fin à ses jours et de « rejoindre Véronique ». Il y dénonce une instruction qu’il estime menée exclusivement à charge, accuse les parties civiles d’être « avides d’argent » et redoute un procès dont le jugement serait, selon lui, déjà déterminé par la médiatisation de l’affaire.
À la barre, MEUNIER explique avoir traversé une période particulièrement difficile en détention et s’être senti abandonné par son ancien avocat. Ses explications évoluent au fil des questions, notamment sur les propos qu’il attribue à son ancien conseil. L’interrogatoire porte également sur l’incident présenté comme une tentative de suicide et sur la photographie de son bras prise à cette occasion. Celle-ci fait apparaître un décalage entre les marques visibles et le nombre de points de suture qu’il affirme avoir reçus.
La cour revient enfin sur l’absence de constitution de partie civile de MEUNIER au début de l’enquête. Il attribue cette absence de démarche à son ancien avocat. Son défenseur souligne pour sa part que MEUNIER avait alors le statut de témoin assisté, tout en reconnaissant que cette démarche restait juridiquement possible.
Le même jour, la cour achève l’examen de sa personnalité en revenant sur la relation qu’il a entretenue avec une ancienne compagne entre 2000 et 2003. Elle décrit des pressions financières, des plaintes et des tentatives pour la faire licencier. MEUNIER reconnaît avoir tenté de faire licencier cette ancienne compagne, mais conteste avoir choisi ses compagnes en fonction de leur situation financière.

7 octobre 2026 : l’interrogatoire sur les faits

Le 7 octobre 2026, MEUNIER est interrogé par la cour d’assises sur les circonstances de la disparition de son épouse. Il doit notamment s’expliquer sur les courses qu’il affirme avoir effectuées pendant qu’il l’attendait, sur l’absence de recherches de sa part sur la plage et sur le fait d’avoir contacté la police municipale plutôt que le 17.
Pressé par l’avocat général, il répond avec agacement : « Je n’ai pas tué mon épouse, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise de plus ? »
Les débats se concentrent ensuite sur sa garde à vue du 18 janvier 2011 et sur les données de localisation téléphonique présentées par les enquêteurs. MEUNIER conteste avoir reconnu s’être trouvé sur place et affirme que ses propos ont été mal retranscrits.
La défense obtient à deux reprises la diffusion de la vidéo de la garde à vue. Le visionnage fait apparaître des différences entre les déclarations enregistrées et leur retranscription dans le procès-verbal. Les avocats contestent également l’interprétation des données téléphoniques et soutiennent que les appels auraient été relayés par l’antenne correspondant au domicile plutôt que par celle de la plage. L’interrogatoire s’achève sans que MEUNIER reconnaisse une quelconque implication dans la mort de son épouse.
La cour revient également sur ses déclarations successives concernant les causes du décès, son refus d’aller reconnaître le corps et les différentes pistes qu’il a évoquées au fil de l’enquête. Interrogé sur le fait d’avoir déclaré, environ un mois et demi après la mort de Véronique, que son deuil était fait, MEUNIER reconnaît être passé rapidement à autre chose.
Les débats abordent enfin le dernier dîner de Véronique avec son frère et sa belle-sœur, la veille de sa disparition. MEUNIER conteste certains éléments du témoignage de sa belle-sœur et minimise la portée des propos qu’il aurait adressés à son épouse, en expliquant qu’il voulait simplement leur dire de s’occuper de leurs affaires. Cette explication suscite des réactions d’exaspération dans le public, particulièrement parmi les parties civiles.

8 octobre 2026 : les dernières confrontations, la plaidoirie et les réquisitions

Le 8 octobre 2026, avant la plaidoirie des parties civiles, la présidente fait diffuser des images de l’émission Non élucidé, consacrée à l’affaire et diffusée en 2021. MEUNIER y affirme être descendu au port le 6 octobre 2010 pour rechercher son épouse, alors qu’au procès il soutient désormais le contraire. Interrogé sur cette différence, il explique avoir fonctionné à partir de souvenirs qui lui auraient été suggérés pendant sa garde à vue.
À 9 h 50, Me Jean-Guillaume LE MINTIER, avocat des parties civiles, entame sa plaidoirie. Il revient sur le parcours de Véronique DUCHESNE et décrit une femme indépendante dont la relation avec MEUNIER aurait progressivement réduit l’autonomie. Il dépeint une relation marquée, selon lui, par les humiliations, le contrôle et une alternance entre séduction et dévalorisation.
Il revient sur plusieurs points du dossier, notamment le délai pris avant de signaler la disparition, les appels téléphoniques effectués par MEUNIER à 15 h 07 et 15 h 10, ainsi que ses différentes déclarations concernant sa présence près de la plage. Il met ces éléments en perspective avec les expertises de personnalité et les quatorze années d’investigations, qu’il présente comme autant d’éléments venant conforter l’accusation. Il écarte l’idée d’une affaire construite à l’initiative des parties civiles ou des médias.
Dans sa plaidoirie, il évoque aussi les répercussions du décès sur les proches de Véronique DUCHESNE et rend hommage à la ténacité de ses deux filles.

Renoncer pour une fois, à la lumière pour accepter son ombre.

Le même jour, l’avocat général Alex DÉHAYS requiert trente ans de réclusion criminelle, assortis d’un suivi sociojudiciaire de dix ans. Il commence par reconnaître la longueur de la procédure et présente, au nom du ministère public, ses excuses à la famille.
Pour démontrer la culpabilité de l’accusé, il invite les jurés à examiner les éléments du dossier dans leur ensemble. Il rappelle les conclusions médico-légales, situe les faits au 6 octobre 2010 sur l’île de la Comtesse et souligne que MEUNIER ne dispose pas d’alibi pour la période comprise entre 14 h 45 et 15 h 30. Il estime que les données de téléphonie et le « flou » de quarante-cinq minutes sont compatibles avec une présence à proximité de la plage.
L’avocat général rapproche les éléments matériels de l’enquête des tensions au sein du couple et des témoignages d’anciennes compagnes de MEUNIER, qui font état de comportements violents. Il rejette l’hypothèse d’une procédure menée à charge et estime que les investigations ont fait émerger suffisamment d’éléments pour établir la culpabilité de l’accusé. Il conclut en demandant aux jurés de le déclarer coupable.
La défense présente ensuite ses plaidoiries. Me Alba HORVAT prend la parole en premier, suivie de Me Gautier ROBERT-AUPETIT.

9 octobre 2026 : le verdict

Le vendredi 9 octobre 2026, au terme de trois semaines de débats, MEUNIER prend une dernière fois la parole avant que la cour et le jury ne se retirent pour délibérer. Même pour cette ultime déclaration, son ton ne diffère pas de celui qu’il a adopté pendant les audiences. Il réaffirme son innocence : « Je veux vous dire une dernière fois ce que je dis depuis seize ans : je suis innocent parce que je n’ai pas tué mon épouse Véronique. »
Après cinq heures de délibération, la cour d’assises des Côtes-d’Armor le reconnaît coupable du meurtre de son épouse, tuée le 6 octobre 2010 à Saint-Quay-Portrieux. Il est condamné à vingt-cinq ans de réclusion criminelle, assortis d’un suivi sociojudiciaire de dix ans.
Ses avocats, Me Alba HORVAT et Me Gautier ROBERT-AUPETIT, interjettent appel de la condamnation. La décision n’est donc pas définitive et un second procès devra se tenir devant une cour d’assises d’appel.

Romain Diverres pour association-avane.fr

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